La Bronchiolite
Description médicale
La bronchiolite est une infection aiguë des poumons d'origine virale. Elle touche particulièrement les bébés et les jeunes enfants.
Elle se caractérise par une inflammation des bronchioles, causant une obstruction de celles-ci. Cela
s'accompagne alors de sibilants et/ou d'un wheezing (sifflement caractéristique audible à distance ou à l'ausculptation au sthétoscope) Les bronchioles sont de petits canaux faisant suite aux
bronches, permettant de conduire l'air vers les alvéoles pulmonaires. Les enfants atteints présentent donc une respiration difficile et
« sifflante ».
Cette maladie fait partie en France des cinq principales causes d'hospitalisation chez les enfants de moins de 24
mois. Intervenir rapidement est alors primordial, les complications pouvant être sérieuses.
L'automne et l'hiver sont les saisons où les bronchiolites sont les plus fréquentes. Au Canada, durant cette période, une épidémie survient tous les deux ou trois ans. Dans quelques rares cas, elle apparaît chez l'adulte.
Causes
Dans la majorité des cas : il s'agit d'une infection au virus respiratoire syncytial ou VRS. Toutefois, tous les enfants infectés par ce virus ne développent pas systématiquement une bronchiolite. En effet, la majorité d'entre eux possèdent une défense immunitaire spécifique contre celui-ci, même avant l'âge de deux ans.
Etiologie (contagion, contamination)
Le Virus Respiratoire Syncitial
Le VRS (Virus Respiratoire Syncitial) est en cause dans 70 et 80 % des cas. Mais d'autres virus peuvent
être impliqués : les adénovirus, les virus influenzae, les virus parainfluenzae (5 à 20 % des cas), les rhinovirus.
Il se transmet directement par les sécrétions contaminées (toux, éternuement) ou indirectement par les mains ou le matériel souillé (poignées de portes, crayons, bureaux, touches des interphones ou des appareils à cartes bancaires, emballages des produits alimentaires).
Après une période d'incubation de 2 à 8 jours, le virus se multiplie au niveau de la muqueuse nasale avant de gagner les voies respiratoires inférieures.
Évolution
Chez 80 % des nourrissons affectés, on constate une amélioration notable - et le plus souvent, spectaculaire trois ou quatre jours après la première consultation chez le médecin. Des signes d'obstruction peuvent durer de huit à dix jours tandis qu'une toux résiduelle peut s'installer pendant environ 15 jours.
Par contre, dans 20 % des cas, la maladie s'aggrave et dure des semaines, voire des mois. Cette aggravation survient surtout chez les nourrissons âgés de moins de six mois. Elle apparaît sous forme de toux qui s'accentue, de vomissements, souvent nuisibles à l’absorption alimentaire, ainsi que des difficultés respiratoires.
Complications
Généralement bénigne, la bronchiolite reste néanmoins susceptible d'entraîner des complications, plus ou moins graves selon le cas
:
Symptômes
plus de 40 respirations par minute;
200 pulsations cardiaques par minute;
coloration bleuâtre de la peau, des ongles et des lèvres causée par le manque d'oxygène;
râles crépitants (durant l'inspiration, une succession de bruits secs se fait entendre).
Note :
Dans la forme bénigne, la respiration sifflante ne dérange pas outre mesure l'enfant. Celui-ci mange et dort sans problème. Si l'enfant a plus de trois épisodes durant l'année, on parlera d'«asthme du nourrisson».
Personnes à risque
Sauf exception, comme je l’ai dit plus haut, ce sont les jeunes enfants âgés de moins de 24 mois qui présentes un terrain favorable au développement de la bronchiolite. Parmi ceux-ci, certains sont néanmoins plus sensibles à la maladie :
Facteurs de risque
Prévention
Allaitement maternel
Comme pour la plupart des maladies infantiles, l'allaitement maternel fournit à l'enfant les anticorps qu'il n'a pas eu encore le temps de développer.
Deux études récentes tendent à confirmer l'effet protecteur de l'allaitement contre la bronchiolite. Selon l'une de ces études, cet effet protecteur serait plus fort chez les enfants exposés à la fumée de cigarette.
Mesures d'hygiène
Il faut absolument éviter les risques associés à la transmission par les mains ou l'air comme la toux ou les éternuements.
Voici quelques mesures simples pour mettre la chance de son côté :
- se laver soigneusement et aussi souvent que possible les mains;
- ne pas exposer l'enfant en présence de personnes infectées.
À noter que le séjour en garderie augmente de manière significative le risque d'être infecté par le virus respiratoire syncytial.
En période d'épidémie, il sera donc préférable de ne pas inscrire l'enfant dans une garderie avant l'âge de six mois afin de prévenir les formes les plus graves de bronchiolite;
- embrasser le bébé sur les jambes et les mains plutôt que sur le visage. Cette recommandation s'applique en particulier aux frères et aux soeurs qui fréquentent des lieux à risque en période d'épidémie : école, garderie, etc.;
- ne pas exposer l'enfant à la fumée dite secondaire (tabagisme passif), que ce soit à la maison ou dans les lieux publics;
- désinfecter quotidiennement les objets (biberons, jouets, ustensiles de cuisine, etc.) ainsi que les surfaces mises en contact avec le jeune enfant.
Traitements médicaux de la Bronchiolite
Dans tous les cas de bronchiolite, il faut consulter immédiatement un médecin.
S'il s'agit d'une forme bénigne de bronchiolite, le traitement pourra se poursuivre sans risque à la maison.
En revanche, une hospitalisation s'imposera notamment dans les cas suivants :
- si le bébé respire plus de 40 fois par minute ou fait de l'apnée;
- s'il présente des signes de cyanose (peau, ongles, lèvres bleutés);
- s'il ne peut s'alimenter correctement ou bien s’il souffre de déshydratation;
- s'il est né prématurément, est âgé de moins de trois mois, souffre d'une maladie cardiaque congénitale, de développement anormal des poumons (bronchodysplasie) ou de fibrose kystique du pancréas ou mucoviscidose.
Si le traitement est entrepris rapidement, la guérison se produit habituellement en quelques jours, même pour les cas graves (sauf exceptions).
Traitement de l'épisode aigu
- Traiter la fièvre. Pour ce faire, l'acétaminophène est efficace.
- Désobstruer les bronches en faisant des instillations nasales avec un sérum physiologique. Cette technique peut être appliquée par les parents et elle est reconnue comme étant plus efficace que le « mouche-bébé ».
- S'assurer que l'enfant mange suffisamment. Pour cela, on peut désobstruer le nez et le pharynx avant qu'il ne mange. Il est facile aussi de fractionner ses repas ou encore « épaissir » ses biberons.
- Corriger la déshydratation causée par la fièvre et la respiration rapide en faisant boire beaucoup de liquide à l'enfant.
- Fournir à l'enfant un environnement sain : aération correcte, absence de fumée de tabac, température ne dépassant pas 19ºC. Dans ce cas précis, l’humidité aide l’enfant à respirer.
- Coucher l'enfant en position semi assise, y compris pour dormir.
- Les médecins prescrivent parfois un médicament antiviral si le virus respiratoire syncytial est en cause.
- Des antibiotiques sont parfois administrés si la bronchiolite se complique d'une infection bactérienne, comme d'une otite moyenne ou d'une pneumonie.
- Au besoin, les médecins prescrivent des traitements de physiothérapie respiratoire (aussi appelée kinésithérapie respiratoire) pour aider à désobstruer les bronches: le « clapping » ainsi que des vibrations et des compressions de la cage thoracique.
En France, les pratiques diffèrent, et la technique « d’augmentation du flux expiratoire » est largement utilisée, le clapping y est exclu. La
physiothérapie respiratoire se pratique en clinique par des physiothérapeutes (en Amérique) et des kinésithérapeutes (en Europe).
Kinésithérapie respiratoire
Elle utilise des techniques de désencombrement bronchiques recommandées par la conférence de consensus de Lyon de 1994.
La kinésithérapie respiratoire est largement prescrite dans les pays européens francophones mais contestée dans les pays anglo-saxons.
En France, se prescription dans la bronchiolite varie de 82,5 à 99 %. Les techniques privilégiées sont les techniques expiratoires passives et lentes associées à la toux provoquée. L'évaluation
de leur efficacité et de leur tolérance au cours de la séance repose sur l'état clinique, l'auscultation et un score d'encombrement.
En cas d'hospitalisation
Pour les cas plus difficiles, l'administration d'oxygène à l'aide d'un masque ou d'une sonde et l'hydratation par intraveineuse pourraient s'imposer. Parfois, les médecins ont recours à des médicaments bronchodilatateurs ou à des aérosols spéciaux pour faciliter la respiration (mais leur efficacité à traiter la bronchiolite n’est pas prouvée scientifiquement).
En cas de bronchiolites récidivantes
Si le nourrisson a plus de trois épisodes durant l'année, on estime qu'il est atteint de l'asthme du nourrisson. Il sera donc traité en ce sens avec un bronchodilatateur et des corticostéroïdes.
Traitements non conventionnels
Il existe peu d'approches non conventionnelles testées scientifiquement ou dont l'usage est reconnu par des commissions scientifiques pour traiter la bronchiolite. Miser sur la prévention des infections est certainement une démarche importante. Consulter son médecin avant d'entreprendre toute démarche complémentaire est primordial.
Par techniques dites « non conventionnés », il faut comprendre: Après de nombreuses analyses empiriques, la méthode ou le traitement n’est pas reconnu comme suffisamment viable ou efficace par l’ordre des médecins. Cependant, il n’en est pas pour autant considéré comme dangereux.
Médecine traditionnelle chinoise
Efficacité incertaine de la pharmacopée chinoise. Les praticiens de médecine chinoise proposent plusieurs plantes - le plus souvent réunies au sein d'une formule, qu’ils concoctent le plus souvent eux mêmes - pour soigner la bronchiolite aiguë causée par le virus respiratoire syncytial.
D'ailleurs, il existe au moins une recherche contrôlée et randomisée en simple aveugle qui tend à prouver que la formule shuang huang lian permettrait d'éliminer plus rapidement les symptômes de la bronchiolite aiguë liée au virus respiratoire syncytial.
Lors de cette étude, on a comparé l'usage des antibiotiques seuls, de la formule shuang huang lian et de la combinaison de ces deux traitements. Dans les deux groupes qui prenaient cette formule, les symptômes duraient en moyenne 6,2 jours, alors que dans le groupe qui n'utilisait que des antibiotiques, ils persistaient pendant 8,6 jours. À noter qu'au cours de cette étude, la formule shuang huang lian a été administrée par infusion intraveineuse. Aucun effet secondaire n'a été noté.
Approches à considérer
Approches à considérer Ayurveda. La médecine ayurvédique propose plusieurs plantes, le plus souvent réunies au sein d'une formule, pour soigner la bronchiolite aiguë causée par le virus respiratoire syncytial.
Approches à considérer Homéopathie. L'homéopathie pourrait s'avérer efficace pour traiter les épisodes aigus de bronchiolite. Le plus souvent, l'homéopathe prescrit les remèdes utilisés pour le traitement de la crise asthmatique.
En bref
La bronchiolite est une affection potentiellement grave. Elle nécessite une consultation médicale et, souvent, un traitement à l'hôpital.
Il est possible d’associer le traitement propsosé avec un traitement alternatif préventif, sous contrôle des interactions possibles par le médecin traitant.
Le rôle des thérapies alternatives et complémentaires prend toute sa valeur dans la prévention. Il faut rechercher les causes de cette fragilité broncho-pulmonaire. Il faut souvent tonifier le système immunitaire.
Recherche et rédaction : Franck Deshais - extrait et agrémenté à partir d'un article de Robert Dehin et Marie-Michèle Mantha, M.Sc.
Révision médicale : Dr Paul Lépine, M.D., D.O.
Fiche modifiée le : 6 décembre 2007
Références
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